Mondiaux de judo : la deuxième étoile échappe à Romane Dicko
Une séquence et le titre s'échappe. Dominatrice tout au long de la journée, Romane Dicko, qui visait une deuxième couronne mondiale, s'est inclinée en finale et n'a pu décrocher que la médaille d'argent des +78 kg, samedi à Bakou.
La double médaillée olympique (bronze en 2021 et 2024), championne du monde pour sa première participation en 2022, a été dominée en finale par la jeune Sud-Coréenne Lee Hyeon-ji, 19 ans, nouvelle tornade de la catégorie.
Alors que la Française avait clairement pris le combat à son compte, la Sud-Coréenne a placé une attaque au bout de 2 min 30 sec. Envoyée au sol, Dicko s'est alors retrouvée immobilisée, neutralisée par la puissance de son adversaire.
"C'est hyper frustrant parce que je fais tellement une belle journée", a réagi la pensionnaire du Paris SG. "Même en finale, honnêtement, je fais un match de fou et je sentais bien que ça allait venir. Il a suffi d'une séquence, je ne sais pas si je loupe la manche ou si je suis en retard sur les mains, mais il a suffi d'une séquence pour que je perde. C'est l'ingratitude du judo."
A 27 ans, Dicko décroche tout de même la troisième médaille mondiale de sa carrière, après l'or en 2022 et le bronze l'an dernier.
"Un autre podium mondial, je ne vais pas cracher dessus parce qu'on sait que c'est tellement dur. Quand on voit tous ceux qui sont passés malheureusement à côté, je me dis que je suis encore une fois sur ce podium", a-t-elle relativisé.
"Mais je voulais tellement ma deuxième étoile aujourd'hui", a-t-elle ajouté, les yeux rougis par l'émotion.
Dicko avait pourtant largement maîtrisé les débats au cours de la journée, régnant sur le tatami en patronne à chacun de ses combats avec ses habituelles tresses bleu-blanc-rouge.
- "Pas notre place" -
Elle avait commencé avec une victoire contre la Cubaine Dayanara Curbelo Travieso, écartée aux pénalités alors que la Française menait d'un waza-ari.
Elle a ensuite enchaîné avec un huitième de finale expédié en 1 min 14 contre l'Ouzbèke Iriskhon Kurbanbaeva, puis un combat à peine plus long (1 min 18) en quart contre la Croate Helena Vukovic.
En demi-finale, elle a battu la Russe Mariia Ivanova, immobilisée au sol en un peu plus de deux minutes.
Malgré la défaite en finale, son entraîneur Jane Bridge a relevé des avancées positives dans le judo de sa protégée.
"Elle a progressé beaucoup en coordination, en timing, en rythme, vraiment dans le judo", a apprécié la coach, connue pour avoir été la première championne du monde de judo de l'histoire, en 1980.
Son judo "était un petit peu stéréotypé avant. C'était efficace, mais la catégorie progresse. Les filles sont de plus en plus fortes, donc on était obligés d'aller dans ce sens-là. Donc c'est très intéressant et ça me motive pour vraiment continuer à s'entraîner."
A l'issue des compétitions individuelles, les Bleus ne comptent que quatre médailles, et aucun titre, une première depuis 2003.
"C'est dur, ça fait mal", a déclaré le président de la Fédération française Stéphane Nomis. "On a manqué notre championnat, ce n'est pas notre place. (...) Mais j'ai hyper confiance en mon équipe de France" en vue des JO de Los Angeles dans deux ans.
Il reste au clan français l'épreuve par équipes dimanche pour tenter de clore la compétition sur une note positive.
F.Piras--GdR