Giornale Roma - L'Allemagne insatisfaite des coupes proposées dans le futur budget de l'UE

Euronext
AEX 0.87% 1130.95 €
BEL20 1.02% 5454.74 €
PX1 0.95% 7803.33 €
ISEQ -1.08% 13901.81 €
OSEBX 1.13% 2068.38 kr
PSI20 -0.86% 9267.5 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 3.13% 3946.77 €
N150 1.11% 4183.63 €
L'Allemagne insatisfaite des coupes proposées dans le futur budget de l'UE

L'Allemagne insatisfaite des coupes proposées dans le futur budget de l'UE

L'Irlande a proposé samedi de réduire d'environ 140 milliards d'euros le projet de budget pluriannuel de l'Union européenne, sans parvenir à contenter l'Allemagne et ses soutiens, qui continuent de réclamer des coupes massives, au grand dam des autres Etats dont la France.

Taille du texte:

"Il reste du chemin à faire" pour réconcilier les points de vue, a expliqué le ministre irlandais des Affaires européennes Thomas Byrne, en présentant à Bruxelles un budget révisé pour la période 2028-2034.

Cette nouvelle épure, inférieure de 8% au budget initial proposé l'an dernier par Bruxelles selon les calculs de l'Irlande, qui exerce la présidence tournante de l'UE, devrait permettre d'"accélérer" les discussions entre les 27, jusqu'ici au point mort, a-t-il espéré.

Peine perdue, à en croire le concert de réactions très négatives des pays "frugaux", partisans de coupes budgétaires encore plus sévères.

"Nous sommes toujours loin d'un accord. Le montant de la nouvelle proposition ne constitue pas une bonne base" pour y parvenir, a pourfendu samedi leur leader, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"Le budget doit être soutenable pour ceux qui en payent la plus grande partie", a-t-il martelé dans un communiqué.

- "Déraisonnnable" -

Plusieurs alliés de Berlin ont fait écho à ces propos.

Le projet de l'Irlande est "déraisonnable", a cinglé la ministre suédoise aux Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, tandis que son homologue autrichienne Claudia Bauer réclamait "plusieurs centaines de milliards d'euros de coupes supplémentaires".

De quoi plomber un peu plus les chances de conclure les négociations budgétaires avant Noël, comme le voudraient les responsables de l'UE.

Ils voudraient ainsi éviter qu'elles ne se télescopent avec les nombreuses échéances électorales de 2027, notamment la présidentielle en France, où l'extrême droite caracole en tête dans les sondages.

Mais à deux mois et demi de l'échéance, ce calendrier semble de plus en plus impossible à tenir, vu les positions très hétérogènes au sein des 27.

Et les législatives anticipées prévues fin novembre en Espagne pourraient faire glisser le calendrier.

Dans sa tentative de compromis, la présidence irlandaise de l'UE a proposé de sabrer dans les dépenses allouées au programme d'aide au développement Global Europe, et les dépenses administratives.

Mais ils veulent aussi réduire les fonds destinés à la compétitivité et la sécurité, des domaines prioritaires pour les "frugaux".

En revanche, les fonds dédiés aux politiques traditionnelles de l'UE, l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale, seraient préservés dans l'ensemble, par rapport à ce que proposait Bruxelles.

Soit l'exact inverse de ce qu'il faudrait faire, commente en substance un diplomate européen qui a requis l'anonymat, appelant de ses voeux un budget "qui s'attaque aux défis et aux priorités actuelles de l'Europe".

Dublin propose par ailleurs un total de 55 milliards d'euros de "ressources propres" supplémentaires pour alimenter le budget européen, sans alourdir d'autant les contributions des Etats membres, via notamment une taxe sur les grandes entreprises et la fiscalité environnementale.

- "une forme de régression" -

Ces propositions seront au menu d'un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens organisé jeudi et vendredi à Bruxelles.

La France se veut elle "au centre" de ces négociations, selon la présidence française, qui renvoie dos à dos "les super frugaux qui veulent des coupes massives, garder leur rabais et qui, du coup, condamnent le budget européen à une forme de régression", et "de l'autre, les +amis de la cohésion+", ces 17 pays du sud et de l'est qui voudraient augmenter toujours plus les fonds pour l'agriculture et les régions.

Le Parlement européen, de son côté, reste partisan d'un budget plus élevé que la proposition initiale de Bruxelles.

Les coupes proposées par l'Irlande "affaibliraient notre capacité à agir", et diminueraient les possibilités "de protéger les citoyens", a souligné l'eurodéputé Siegfried Muresan (PPE, droite), co-rapporteur du budget.

D'après l'Irlande, le compromis présenté samedi représente cependant un budget total de plus de 1.600 milliards d'euros, supérieur de 30% à l'enveloppe actuelle (hors plan de relance post-Covid). Mais c'est sans tenir compte de l'inflation, qui réduit l'enveloppe en termes réels.

Si cela ne représente qu'un peu plus de 1 % du revenu national brut de l'UE de 2028 à 2034, les négociations se déroulent dans un climat financier tendu pour les 27, sur fond d'envolée des prix de l'énergie.

La France, comme plusieurs autres pays, se débat avec ses difficultés budgétaires internes, tandis qu'en Allemagne, Friedrich Merz est fragilisé par la montée électorale du parti d'extrême droite AfD.

E.Mazza--GdR