La thérapie génique ou les hormones du sommeil? Nobel de chimie mercredi
Place à la chimie: la saison des Nobel édition 2026 bat son plein et pourrait récompenser mercredi un des pionniers de la thérapie génique.
A moins que le prix Nobel de chimie ne distingue des travaux sur le développement des cellules photovoltaïques. Ou des recherches sur les hormones régulant l'appétit et le sommeil.
La liste des nominés étant confidentielle, un jeu de devinettes se joue chaque année par les journalistes, experts et bookmakers pour tenter de deviner le ou les lauréats.
Le verdict sera rendu par le comité Nobel à 11H45 (09H45 GMT) depuis l'Académie royale des sciences, à Stockholm.
La chimie est le troisième prix scientifique des Nobel, après la médecine et la physique, attribués lundi et mardi.
En 2025, il avait distingué de nouvelles structures moléculaires capables d'emprisonner des gaz.
Cette année, plusieurs secteurs très différents tirent leur épingle du jeu.
- "Très puissante" -
A commencer par celui de la thérapie génique, avec à sa tête David Liu, un biologiste moléculaire américain dont les travaux ont permis de remodeler l'ADN avec une précision sans précédent. Et promettent de transformer la médecine.
"Transformer une séquence ADN sélectionnée en une nouvelle séquence de notre choix est une capacité fondamentalement très puissante", soulignait le professeur dans un entretien à l'AFP en 2025.
Le biologiste fait partie des "Nobélisables" cités par le cabinet Clarivate, qui s'appuie sur le recensement des études les plus citées dans les articles scientifiques pour cibler ses favoris. Et Lars Broström, correspondant scientifique à la radio publique Sveriges Radio.
Parmi les autres favoris de Clarivate: les recherches autour de la formation de monocouches auto-assemblées, aux champs d'application très nombreux -- de l'électronique aux biotechnologies. Les chimistes américains David Allara et Ralph Nuzzo, ainsi que l'Israélien Jacob Sagiv, pourraient alors être primés.
Les travaux liés aux traitements anti-obésité, comme Ozempic ou Mounjaro, sont également régulièrement cités parmi les découvertes susceptibles d'être récompensées.
Ces recherches faisaient partie des favoris des observateurs Nobel pour le prix de médecine. Mais ils pourraient aussi "recevoir un prix de chimie", assure David Pendlebury, responsable de l'analyse de la recherche au sein de Clarivate, à l'AFP.
De nombreux scientifiques ont apporté des contributions majeures dans ce domaine, mais trois noms reviennent régulièrement: l'endocrinologue canadien Daniel Drucker, le médecin danois Jens Juul Holst et la chimiste américaine d'origine yougoslave Svetlana Mojsov.
Pour David Pendlebury, il serait aussi "grand temps" de récompenser les recherches sur les cellules solaires photovoltaïques. Il cite alors le chimiste suisse Michael Grätzel comme un possible prétendant.
Autre possibilité, régulièrement évoquée par les experts: les recherches autour de la narcolepsie, menées par le français Emmanuel Mignot et le Japonais Masashi Yanagisawa.
Depuis 1901, seules huit femmes ont reçu ce prix, parmi les 200 personnes récompensées, dont Marie Curie, sans doute la plus célèbre des lauréates.
- littérature jeudi, la paix vendredi -
Après la chimie, cela sera au tour de la littérature jeudi.
L'auteur hongrois László Krasznahorkai a été récompensé l'année dernière et plusieurs experts sondés par l'AFP s'attendent à ce que le prix revienne cette fois à une écrivaine non européenne.
Peut-être l'Américano-antiguayenne Jamaica Kincaid, connue surtout pour son roman "Lucy", ou encore la Chinoise Can Xue.
Le point d'orgue de cette saison des récompenses sera incontestablement le prix Nobel de la paix, qui sera remis vendredi.
Les chances de voir Donald Trump récompensé sont quasi nulles, mais le président américain sera à nouveau dans tous les esprits après la campagne inédite qu'il a menée en faveur de sa candidature l'an dernier.
Cette année encore, le comité se sait observé.
Le prix d'économie clôturera la saison Nobel le 12 octobre.
V.Morandi--GdR