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L'Espagne entame un deuil de trois jours après la catastrophe ferroviaire
L'Espagne entame un deuil de trois jours après la catastrophe ferroviaire / Photo: Oscar DEL POZO - AFP

L'Espagne entame un deuil de trois jours après la catastrophe ferroviaire

L'Espagne a entamé jeudi trois jours de deuil national après la collision entre deux trains qui a fait la veille au moins 68 morts et plus d'une centaine de blessés, tandis que les familles tentent désespérément d'obtenir des nouvelles de leurs proches.

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Cet accident, la pire tragédie ferroviaire en Espagne depuis 2013, a relancé les questions sur l'entretien du réseau national et sur la sécurité pour les passagers, après que le ministre des Transports a pointé une "erreur" humaine et des "circonstances inexplicables" qui ont abouti à la collision.

L'accident a eu lieu mercredi matin sur la commune d'Urda, dans la région de Castille-La-Manche (centre), quand un train de la compagnie nationale Renfe a percuté par derrière, sur les mêmes rails, un train de l'opérateur privé Iryo, qui avait été forcé à l'arrêt, après une panne informatique du système de sécurité qui contrôle la circulation ferroviaire.

Au total, environ 550 personnes était présentes à bord des deux trains au moment de l'impact.

Jeudi matin, les secours poursuivaient leurs opérations dans l'amas de ferraille laissé par la collision, qui a propulsé deux voitures du train Iryo en contrebas du talus, à la recherche d'éventuelles victimes supplémentaires, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. D'imposantes grues sont à l'oeuvre.

Josimar Medina, un Péruvien de 31 ans qui passait ses vacances en Espagne avec sa compagne, a déclaré qu'il dormait dans le train accidenté de la Renfe quand il s'est réveillé et a réalisé qu'il était "dans l'air".

Pablo Mejia, 42 ans, qui s'en est sorti avec une blessure à la tête, a raconté à l'AFP qu'un changement de siège à la dernière minute lui avait sauvé la vie.

"Il y a eu un choc très violent", a-t-il dit, évoquant "les gens au sol, les uns sur les autres, des sièges arrachés, une grande confusion" à bord des rames.

- "Personnes tristes, inquiètes" -

Le Premier ministre Pedro Sánchez a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le bilan pourrait encore s'alourdir, ont prévenu les autorités. Celles-ci ont fait état par ailleurs d'une centaine de blessés, dont des dizaines toujours hospitalisés.

Sur les lieux de l'accident, "c'est un travail très complexe", a expliqué jeudi Esther Padilla, la porte-parole de la région, à la télévision espagnole, appelant à "ne pas précipiter" les travaux de recherches.

Depuis la veille, une école du village d'Urda, situé à un peu moins de 150 km au sud de Madrid, accueille les proches venus se renseigner sur le sort des passagers.

Des équipes de la Croix Rouge offrent un soutien aux personnes qui arrivent, certaines en larmes, au milieu des policiers et des journalistes.

La psychologue de la Croix-Rouge, Carmen Garcai, a dit s'attendre à "de longues heures difficiles": "Nous avons des gens en état de choc qui n'ont pas encore réalisé ce qui s'est passé, des personnes en colère, tristes, inquiètes. Le deuil sera compliqué".

Interrogé jeudi par l'AFP, Le curé d'Urda, José Miguel Fernández, a pour sa part expliqué avoir rendu visite aux proches des disparus, pour "les consoler, de leur apporter de la sérénité et de la paix, de leur dire de ne pas anticiper des événements dont on ne sait rien".

"Beaucoup d'entre elles étaient sereines, d'autres nerveuses, désespérées. Elles voulaient savoir tout de suite et avoir des nouvelles" de leurs proches, a-t-il dit.

- Grève des conducteurs -

L'enquête suit son cours, mais le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez fait déjà face à des critiques concernant la gestion du réseau ferroviaire à grande vitesse, le deuxième du monde, après celui de la Chine.

Près de 26 millions de passagers ont voyagé en TGV en Espagne entre janvier et août, selon des chiffres de l'institut national de la statistique (INE).

Ces dernières heures, la Garde civile a installé quatre bureaux à Madrid, Tolède, Cordoue et Séville pour permettre aux proches des victimes de fournir des échantillons d'ADN et permettre ainsi l'identification des victimes.

Des centres de dons du sang ont été mis en place.

Annoncée depuis une dizaine de jours et maintenue malgré la tragédie de mercredi, une grève du principal syndicat des conducteurs de train (SEMAF) a lieu jeudi pour vingt-quatre heures pour "défendre la sécurité ferroviaire", moins d'un an après l'accident d'Adamuz, qui avait fait 46 morts le 18 janvier et déjà bouleversé l'Espagne.

Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d'Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.

C.Ricci--GdR