Giornale Roma - Législatives en Serbie: une participation record entretient l'espoir des opposants à Vucic

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Législatives en Serbie: une participation record entretient l'espoir des opposants à Vucic

Législatives en Serbie: une participation record entretient l'espoir des opposants à Vucic

La Serbie a enregistré dimanche pour les législatives un taux de participation record qui entretient l'espoir des opposants au nationaliste Aleksandar Vucic, resté maître durant 14 ans de la politique nationale avant de devoir convoquer ces élections anticipées face à un puissant mouvement étudiant.

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A 18H00 (17H00 GMT), soit deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, "64,89 % du total" des électeurs avaient déjà voté, a déclaré Branko Josipovic, le directeur de l'Office national des statistiques, lors d'une conférence de presse.

Il s'agit du taux de participation le plus élevé depuis 1993 (61,34 %) et il est encore provisoire.

Cet afflux est favorable à l'opposition, d'après les analystes.

La dernière forte mobilisation électorale, d'environ 70 %, remonte à l'éviction de l'ancien dirigeant Slobodan Milosevic en 2000, et reste une référence dans l'histoire politique serbe.

"J'ai voté en espérant voir des changements : on ne peut pas continuer comme cela", a déclaré à l'AFP Marija Spasenovic, une électrice de Belgrade, en évoquant la nécessité de garantir l'État de droit.

A l'inverse, Vesna Ivic, une enseignante de 57 ans, s'est dite "heureuse" de voir "qu'énormément de choses ont été faites" pour améliorer la vie des gens et voudrait que tout continue comme avant.

Présenté par les étudiants comme un "référendum anti-Vucic", ce scrutin est le premier depuis 2012 à esquisser, pour 6,4 millions d'électeurs, la possibilité d'une alternance.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (06H00 GMT) et fermé à 20H00 (19H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus dans la soirée, malgré les craintes d'incidents.

"On a constaté un nombre important d'irrégularités et d'incidents", a déclaré à la presse Rasa Nedeljkov, responsable de l'observation électorale au CRTA.

Les forces de l'ordre n'ont pour l'heure confirmé aucune violence majeure liée aux élections.

Dans le centre-ville de Belgrade, des policiers anti-émeutes ont entouré la commission électorale, le bâtiment de la présidence et des partisans du gouvernement dans un parc au moment de la fermeture des bureaux de vote.

Sur X, les étudiants ont "exhorté" les habitants à "ne pas se rassembler à proximité des lieux où une présence policière accrue a été remarquée".

"Restons en sécurité, restons dignes et sereins, et ce jusqu'au dernier moment", ont-ils écrit.

- Barricadé -

Ce scrutin anticipé est l'aboutissement de près de deux années de manifestations déclenchées par l'effondrement en 2024 d'un auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de ce pays des Balkans.

Seize personnes étaient mortes et les protestataires ont estimé que l'accident était une conséquence de la corruption endémique.

Au plus fort de la mobilisation, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale.

Au fur et à mesure, leurs revendications se sont transformées en appels à des élections anticipées.

Les fidèles de M. Vucic, vice-Premier ministre à partir de 2012, puis Premier ministre en 2014 et président en 2017, ont monté la garde devant le palais présidentiel, barricadé. Les protestataires ont subi des violences.

Début septembre, M. Vucic a fini par convoquer les élections, démissionnant de son second mandat à la tête de l'État afin de mener la campagne pour son camp.

Le mouvement étudiant s'est, lui, constitué en une force politique disparate. Sa liste unique n'a aucune tête d'affiche, mais présente une sélection de candidats issus de la société civile, dont le seul point commun est de vouloir battre le Parti progressiste serbe (SNS) d'Aleksandar Vucic.

Les étudiants, ciblés par la désinformation, sont allés à la rencontre des électeurs pour tenter d'enrayer la machine médiatique du SNS.

Leur engagement n'est qu'une "tentative de coup d'État" pour Aleksandar Vucic, qui a multiplié aussi les déplacements afin de mettre en garde contre un "chaos" à venir.

Si 18 formations sont officiellement en lice pour occuper les 250 sièges du parlement, la plupart des partis d'opposition ont soutenu le mouvement étudiant.

E.Mazza--GdR