Dette de la France : la hausse des taux d'emprunt, un "signal d'alarme" pour le ministre français de l'Économie
La France conserve la "confiance des marchés" même si la hausse de ses taux d'emprunt constitue un "signal d'alarme", a jugé mercredi Roland Lescure, le ministre français de l’Économie et des Finances.
"Nous avons la confiance des marchés au sens où on n'a pas de problème pour émettre de la dette, mais ça nous coûte plus cher et ça, c'est un signal d'alarme qu'on doit tous intégrer", a déclaré M. Lescure sur franceinfo.
Le taux d'emprunt à 10 ans de la France s'approche de 5 % sur le marché de la dette et plusieurs représentants des grandes institutions financières internationales ont fait part ces derniers jours de leurs inquiétudes face à l'envolée des rendements obligataires français.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a déclaré mercredi à Bangkok qu'il "faudra(it) du temps" à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux "inspirant confiance" aux marchés.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Valdis Dombrovskis, a de son côté appelé mardi la France à adopter son projet de budget "ambitieux" afin d'offrir "clarté" et "visibilité" aux marchés, dans un entretien avec l'AFP.
Le projet de budget 2027 de la France, débattu depuis mardi à l'Assemblée nationale, a l'objectif de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), après 5,4% en 2026. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l'approche de l'élection présidentielle.
"5 %, on ne peut pas aller au-delà. C'est un maximum de déficit public pour l'année prochaine parce que (…) le monde nous regarde", a prévenu M. Lescure.
La dette publique française est attendue à un niveau record en 2027, à 121,7 % du PIB. Selon les derniers chiffres publiés par l'Institut national de la statistique et des études économiques, elle représentait déjà 119 % de la richesse nationale à la fin du mois de juin.
E.Mazza--GdR