Budget: le gouverneur de la Banque de France appelle le monde politique à "prendre (ses) responsabilités"
Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin a appelé mercredi, lors d'une conférence internationale, le monde politique français à "prendre (ses) responsabilités" pour permettre l'adoption d'un budget, dans une allusion apparente à l'article 49.3 de la Constitution.
"Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu'un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement (...) Je ne pense pas que la BCE (Banque centrale européenne) ou la Banque de France puissent faire grand-chose concernant ce processus parlementaire. Les parlementaires et l'exécutif doivent prendre leurs responsabilités", a-t-il déclaré, lors de l'assemblée annuelle du FMI à Bangkok.
"Je ne pense pas que la BCE (Banque centrale européenne) ou la Banque de France puissent faire grand-chose concernant ce processus parlementaire. Les parlementaires et l'exécutif doivent prendre leurs responsabilités", a-t-il ajouté.
L'examen du budget 2027 a démarré mardi à l'Assemblée nationale, avec l'ambition de retrouver l'an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l'approche de l'élection présidentielle l'an prochain.
Emmanuel Moulin, qui dirige la Banque de France depuis juin, a jugé que "la plupart des candidats à la présidentielle s'inscrivent dans (une) logique de réduction du déficit".
"Les moyens d'y parvenir peuvent être plus ou moins crédibles, mais je pense que, dans l'ensemble, nous avançons dans la bonne direction", a-t-il souligné.
Le gouverneur a rappelé que la France était déjà parvenue dans un passé récent à "réduire fortement son déficit", avant le passage à l'euro ainsi qu'entre 2011 et 2019.
Cet assainissement passe, selon lui, par des "réformes structurelles", notamment des retraites, qui présentent le "double avantage" de favoriser la croissance et la soutenabilité des finances publiques.
Plus tôt dans la matinée, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait estimé qu'il "faudra du temps" à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux pouvant "inspirer confiance" aux marchés.
"La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante. Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d'inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu'aux investisseurs", a-t-elle averti.
G.Vitali--GdR