Giornale Roma - Les lycéens se préparent à manifester pour un "acte III" sous très haute surveillance

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Les lycéens se préparent à manifester pour un "acte III" sous très haute surveillance
Les lycéens se préparent à manifester pour un "acte III" sous très haute surveillance / Photo: Philippe LOPEZ - AFP

Les lycéens se préparent à manifester pour un "acte III" sous très haute surveillance

Des dizaines de milliers de lycéens se préparaient à manifester de nouveau mardi partout en France pour réclamer des moyens, sous haute surveillance des autorités qui ne parviennent pas à faire baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.

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Dès le début de la matinée, des lycéens étaient rassemblés dans le calme devant des lycées à Paris, Créteil, Lille ou Lyon, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Paris, une centaine d'élèves bloquaient depuis 7 heures le lycée Sophie Germain, certains debout sur des poubelles, d'autres brandissant des pancartes "trop jeunes pour être écoutés assez grands pour se faire gazer" ou "système accablant".

A Créteil, le blocus du lycée Saint-Exupéry a débuté vers 7H30, les lycéens empilant des barrières devant l’entrée principale. "Nous sommes là pour faire entendre notre voix, un peu trop souvent oubliée", a affirmé au micro Abderrahmane Abdelkader, lycéen qui a co-organisé le blocus.

"Avec une trentaine de collègues, on a discuté des violences policières dont on a pu être témoins et décidé d'être présents pour nos élèves si besoin", a expliqué à l'AFP Romain Dubourg, enseignant, devant le lycée Chateaubriand de Rennes.

Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.

 

À Tours la semaine dernière, un lycéen de 16 ans avait perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage, et lundi un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi.

"Il y a eu ce drame hier", a affirmé sur France info le ministre de l'Education Edouard Geffray, en soulignant que "la police est là pour protéger d'abord les élèves".

Il a également annoncé le lancement, depuis lundi soir, d'une plateforme où les élèves pourront jusqu'au 23 octobre "dire leurs difficultés et leurs attentes".

- "recruter" -

Pierre Sourzat, président de l’association Les Lycéens! a résumé sur RMC les principales revendications des lycéens: "recruter davantage d'enseignants, baisser les effectifs par classe", un "plan d'urgence sur le bâti scolaire", des "réformes importantes de Parcoursup" ainsi que de la charge scolaire.

Les lycéens devraient aussi recevoir mardi le renfort des étudiants.

La présidence d'Aix-Marseille Université, la plus importante de France avec ses 84.000 étudiants, a décidé la fermeture mardi de l'ensemble de ses sites universitaires "compte tenu du contexte actuel et des appels à mobilisation".

Devant le campus 1 de l'université de Caen, plus de 200 jeunes sont rassemblés dans un brouillard épais avant le départ de la manifestation. "Voir nos libertés fondamentales comme celle de manifester être réprimées et les blessés des violences policières tous les jours renforce notre envie de lutter", a assuré à l'AFP Mathieu, étudiant en L2.

La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire "converger" les "colères" et à rejoindre la mobilisation des lycéens avec leurs tracteurs.

La mobilisation faisait la Une de nombreux quotidiens mardi: "Stopper l'escalade" (Libération), "Ce que veulent les lycéens" (Le Parisien), "Lycée; la colère sans mode d'emploi" (L'Opinion)...

A un peu plus de six mois de la présidentielle, élection qui verra certains des lycéens mobilisés voter pour la première fois, cette mobilisation s'étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.

Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées "dans un cadre pacifique", a estimé lundi soir Matignon, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de "renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique".

Les forces de l'ordre seront encore mobilisées pour le nouvel épisode d'une mobilisation qui a fait plus de 700 blessés chez les forces de l'ordre et près d'une centaine chez les personnels de l'éducation, selon les chiffres officiels.

Quelque 6.059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et plus de 5.000 personnes, essentiellement des mineurs, ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur. Dix enquêtes ont été ouvertes par la "police des polices" depuis le début du mouvement, selon l'entourage du ministre Laurent Nuñez.

Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14H00, quelque 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20.000 et 40.000 manifestants.

V.Bellini--GdR