Israël déclenche un mini-séisme en dynamitant des tunnels du Hezbollah au Liban
L'armée israélienne a dynamité jeudi des fortifications souterraines récemment prises au Hezbollah dans le sud du Liban, déclenchant une secousse si puissante qu'elle a été détectée par les agences de surveillance sismologique.
Des journalistes de l'AFP se trouvant dans la région ont entendu plusieurs détonations. Dans une vidéo partagée par le ministre israélien de la Défense Israël Katz, on voit une énorme boule de feu monter vers le ciel dans la nuit.
Cette explosion intervient quelques jours après que les autorités israéliennes ont affirmé avoir pris le contrôle de la crête d'Ali Taher, affirmant que le Hezbollah pro-iranien y avait creusé de nombreux tunnels lui permettant d'attaquer Israël depuis cette zone montagneuse.
Les troupes israéliennes occupent une partie du sud du Liban, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu dit vouloir mettre en place une "zone de sécurité" pour empêcher toute attaque contre le nord de son pays.
"L'armée israélienne a détruit aujourd'hui les infrastructures souterraines de l'organisation terroriste Hezbollah de la crête d'Ali Taher, achevant ainsi l'établissement de la zone de sécurité dans le sud du Liban", ont indiqué MM. Netanyahu et Katz dans un communiqué.
L'explosion a été si puissante que l'agence américaine de sismologie USGS, référence mondiale dans la détection des tremblements de terre, a relevé une secousse de magnitude 4,1 qui s'est produite à 18H08 GMT dans la région de Nabatiyé, où se trouve la crête d'Ali Taher.
Cette secousse, équivalente à un petit séisme, a été ressentie par de nombreux habitants du sud du Liban.
"Nous étions assis et tout a tremblé", raconte à l'AFP Joëlle Fares, qui vient de s'installer à Marjeyoun, à cinq kilomètres d'Ali Taher. "Il y a eu une odeur de poudre brûlée, on a sursauté", a-t-elle ajouté.
- Routes souterraines -
Au Liban, l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a fait état d'une opération de dynamitage dans le secteur d'Ali al-Taher par les forces israéliennes.
Un correspondant de l'AFP a ressenti des secousses avant d'entendre une forte détonation, et un autre a rapporté que des ondes de choc avaient atteint la ville méridionale de Saïda, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale.
L'armée israélienne avait annoncé la semaine passée la prise de cette crête, située au nord du fleuve Litani, et qui se trouve à la lisière de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban.
Israël affirme que le Hezbollah avait creusé des tunnels dans ce secteur lui permettant de lancer des drones et des missiles contre les positions militaires israéliennes dans le sud du Liban, ainsi que sur le nord d'Israël de l'autre côté de la frontière.
"Un complexe de commandement central appartenant à l'unité Badr du Hezbollah se trouvait au sein de ces infrastructures souterraines, comprenant (...) des salles de stockage d'armes et des quartiers d'habitation permettant aux terroristes de gérer les opérations de combat et de rester sous terre pendant de longues périodes", a précisé l'armée dans un communiqué.
Selon un responsable militaire israélien, les membres du Hezbollah avaient creusé huit routes souterraines pour circuler en sécurité sous la crête, et plusieurs dizaines de drones explosifs et des centaines de mines ont été saisies par l'armée israélienne.
Le Hezbollah a entraîné en mars le Liban dans la guerre régionale en solidarité avec l'Iran, mais les violences ont baissé d'intensité depuis l'entente entre l'Iran et les Etats-Unis en juin, parallèlement à un accord entre le Liban et Israël.
Pendant les négociations entre le Liban et Israël, les Etats-Unis, parrains des pourparlers, ont proposé que l'armée libanaise prenne le contrôle de la crête d'Ali Taher, mais le Hezbollah a refusé, avait indiqué à l'AFP une source proche des participants.
C.Neri--GdR