Les Etats-Unis à 100 jours d'élections de mi-mandat décisives pour Trump
Les Etats-Unis se trouvent dimanche à 100 jours des élections législatives de mi-mandat qui décideront du contrôle du Congrès et donc de la teneur des deux années restantes de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le 3 novembre, les Américains renouvelleront l'ensemble de leurs députés à la Chambre des représentants et 35 de leurs 100 sénateurs.
Les républicains ne disposent actuellement que d'une poignée de sièges d'avance dans les deux chambres.
Traditionnellement, le parti qui tient la Maison Blanche "perd quasiment toujours des sièges aux élections de mi-mandat, mais particulièrement lorsque le président est impopulaire" rappelle à l'AFP Sarah Binder, professeure de sciences politiques à l'université George Washington.
Donald Trump n'accuse de fait que 39% d'opinions favorables contre 59% défavorables, selon une moyenne d'enquêtes réalisée par le New York Times.
Et la tendance dans les sondages récents est aussi quasi unanime: les démocrates sont favoris pour reprendre la Chambre.
Leurs chances ont été cependant quelque peu amoindries par la campagne de redécoupage électoral ordonnée par Donald Trump dans plusieurs Etats républicains. Une vieille stratégie politique aux Etats-Unis, nommée "gerrymandering", qui a réduit le nombre de scrutins dans lesquels les démocrates peuvent vraiment rivaliser.
Les résultats s'annoncent en effet indécis pour seulement 18 à 20 circonscriptions sur 435 à la Chambre, soit moins de 5% des scrutins, souligne Sarah Binder.
- "Escrocs" -
Au Sénat, si leurs chances de redevenir majoritaires sont plus faibles qu'à la Chambre, les démocrates s'affichent cependant de plus en plus optimistes, espérant notamment faire basculer des sièges en Caroline du Nord, dans le Maine, ou encore dans l'Iowa et l'Ohio, voire l'Alaska.
Après 19 mois de présidence sans filtre, Donald Trump fait donc face à la perspective de perdre sa majorité au Congrès et de se trouver dans l'incapacité d'imposer son programme législatif.
Une majorité démocrate signifierait également un pouvoir d'enquête accru, notamment dans les affaires du gouvernement.
"Notre promesse aux Américains, c'est que nous allons faire rendre des comptes aux escrocs", a déclaré jeudi Hakeem Jeffries, le chef des démocrates à la Chambre, dans une menace à peine voilée à l'adresse des responsables républicains.
Face à ces perspectives assombries pour son parti, Donald Trump semble prêt à relancer ses accusations de fraude électorale.
"Nous avons des élections très importantes qui arrivent. Nous voulons que ces élections soient honnêtes", a-t-il lancé dans une allocution mi-juillet lors de laquelle il a relancé ses allégations infondées sur l'élection de 2020, selon lui volée au profit du démocrate Joe Biden.
Pour Sarah Binder, "le président rejoue encore le match de 2020, alors même que ses parlementaires républicains lui demandent de se concentrer sur 2026".
- "Bon sens" -
Les démocrates, de leur côté, veulent mettre l'accent dans cette campagne sur une question centrale: le coût de la vie.
Un problème hérité de la présidence Biden mais qui persiste sous Donald Trump et se trouve aggravé par son choix de déclencher la guerre contre l'Iran, faisant bondir les prix à la pompe.
Le responsable démocrate Hakeem Jeffries a ainsi promis une campagne centrée sur la baisse des coûts de l'alimentation, du logement, de l'essence, mais aussi de la santé.
En face, le Parti républicain s'attache à souligner les accomplissements du gouvernement Trump en matière de lutte contre l'immigration ou de baisse des impôts, et tente de dépeindre le camp adverse comme de plus en plus extrémiste. Le président et ses alliés n'hésitent pas ainsi à qualifier les démocrates de communistes, mot épouvantail aux Etats-Unis.
"C'est le bon sens contre les fous, et les démocrates sont du mauvais côté à chaque fois", a avancé vendredi le président républicain de la Chambre, Mike Johnson.
Selon Sarah Binder, "une fois arrivés à l'automne, quand les électeurs prêtent peut-être davantage attention", les républicains devraient concentrer leur attention sur des thèmes de société.
"Je pense que vous verrez plus d'attaques et de messages liés aux guerres culturelles", et notamment "les questions transgenres", estime-t-elle.
G.Pozzi--GdR