Giornale Roma - Brésil: Lula interdit les paris sportifs en ligne à quelques jours des élections

Euronext
AEX 0.47% 1112.09 €
BEL20 0.58% 5704.3 €
PX1 -0.04% 8077.8 €
ISEQ 1.25% 14384.24 €
OSEBX -0.66% 2082.8 kr
PSI20 0.21% 9704.6 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.99% 4469.44 €
N150 0.12% 4234.25 €
Brésil: Lula interdit les paris sportifs en ligne à quelques jours des élections
Brésil: Lula interdit les paris sportifs en ligne à quelques jours des élections / Photo: Nelson ALMEIDA - AFP

Brésil: Lula interdit les paris sportifs en ligne à quelques jours des élections

Le président brésilien de gauche Lula a interdit vendredi les sites de paris sportifs, les plus grands sponsors des clubs de foot du pays, à neuf jours d'une élection très disputée où il briguera un quatrième mandat.

Taille du texte:

Ces plateformes, connues au Brésil sous le nom de "bets" (de l'anglais "bet", pari) ont explosé ces dernières années dans le pays.

Pour le gouvernement, elles sont à l'origine d'un problème de santé publique en raison de la dépendance qu'elles peuvent provoquer, et l'une des sources de l'endettement record des familles.

Prise à l'encontre de clubs parmi les plus importants du pays, cette mesure radicale est elle-même un pari du président sortant de 80 ans à l'approche du scrutin.

Il affrontera au premier tour de la présidentielle le 4 octobre le sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Les sondages les donnent au coude à coude.

Des enquêtes d'opinion récentes ont montré un fort rejet des électeurs envers ces plateformes, un phénomène que Lula compare au "crack" et au "cancer".

"Soit on enlève la tumeur, soit la tumeur nous tuera", a-t-il lancé lors d'une cérémonie dans la capitale économique Sao Paulo.

Il a signé des décrets d'interdiction qui prennent effet immédiatement, mais qui devront ensuite être approuvés par le Parlement pour devenir une loi à titre définitif.

- Avec Neymar et Vinicius -

"À partir du 6 octobre, il n'y aura plus de site, plus d'application et plus de sponsoring légal des paris sportifs dans le pays", a déclaré le ministre de l'Economie Dario Durigan.

Dans ce pays fou de foot, 13 des 20 clubs de première division ont des sites de paris comme sponsor principal sur leur maillot. Les stars Neymar et Vinicius Junior sont les visages les plus connus au Brésil de la publicité pour les "bets".

Plusieurs clubs, dont Flamengo, le plus important et le champion en titre, ont dénoncé une telle interdiction, affirmant que le sponsoring des entreprises de paris est essentiel à leurs finances.

Huit familles brésiliennes sur dix font face à une forme d'endettement, selon des données publiées en août par la Confédération nationale du commerce.

Les paris ont absorbé 62,5 milliards de réais (plus de 10 milliards d'euros) des revenus des ménages en 2025, d'après une étude conjointe des États brésiliens.

Outre les paris sportifs, les "bets" proposent des jeux de casino, comme la roulette, ou des machines à sous à rouleaux comme le Fortune Tiger, alias "Tigrinho" (petit tigre) pour les Brésiliens.

Les trois quarts des Brésiliens sont favorables à l'interdiction totale des paris en ligne, selon un sondage publié mercredi par l'institut Atlas/Bloomberg.

"Lula est désespéré. Il n'a rien fait en quatre ans et, à la veille de l'élection, il veut essayer de faire croire que ce n'est pas lui qui a approuvé et régulé les casinos en ligne", a fustigé Flavio Bolsonaro vendredi.

Il est pour sa part contre l'interdiction des paris sportifs, qu'il a distingués des casinos en ligne parce qu'ils sont soumis à "une certaine forme de contrôle".

Autorisées au Brésil en 2018, sous la présidence de Michel Temer (centre-droit), les "bets" ont été régulées fin 2023 par le gouvernement Lula.

Pour opérer légalement, les plateformes ont dû se soumettre à une série de règles, mais aussi payer des taxes, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Plusieurs associations liées au secteur ont affirmé que cette interdiction ne pourra en aucun cas "protéger la société", estimant que les parieurs vont "migrer" vers des sites clandestins, sans aucune régulation.

S.Grassi--GdR