Giornale Roma - Crise sociale : des manifestations sous très haute sécurité et sans incident majeur

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Crise sociale : des manifestations sous très haute sécurité et sans incident majeur
Crise sociale : des manifestations sous très haute sécurité et sans incident majeur / Photo: NICOLAS TUCAT - AFP

Crise sociale : des manifestations sous très haute sécurité et sans incident majeur

Les manifestations réunissant syndicats, lycéens, étudiants et gilets jaunes pour réclamer plus de pouvoir d'achat et défendre les services publics se déroulent samedi après-midi sans incident majeur dans plusieurs villes en France, en présence d'un important dispositif sécuritaire après les violences de la semaine passée.

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A 14H00, le cortège parisien a commencé son parcours depuis la Porte d'Italie en direction de celle de Vincennes, trajet imposé par la préfecture et validé dans la matinée par la justice administrative malgré des recours de syndicats qui réclamaient un autre itinéraire n'étant pas situé en lisière de la capitale.

"Macron au coin", "On s’attendait à rien, on est quand même déçus", pouvait-on notamment lire sur des pancartes de manifestants.

La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, et le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, figuraient parmi la foule. "Il est temps de céder", a lancé ce dernier à l'attention du chef de l'Etat.

A Marseille, de nombreux jeunes manifestaient également. Zacharie, étudiant en sciences de 19 ans, a souhaité venir "malgré la peur de la répression policière", parce que "c'est important de continuer à s'exprimer".

A Rennes, Emma, 23 ans, se disait "en colère" vis-à-vis de "tout ce qui se passe" en ce moment, dénonçant les interdictions de manifestations et "la répression des lycéens".

"Ni le président, ni le temps, ne m'empêcheront de manifester", faisait valoir Delphine, 47 ans, à Lille, positionnée en tête de cortège. Elle expliquait être venue "représenter" ses trois enfants, des "étudiants qui sont en train de travailler pour payer leurs études".

En prévention, des commerçants ont parfois barricadé leur magasin, redoutant des pillages après que 3.000 boutiques ont été vandalisées il y a une semaine.

M. Nunez a fait état de 135 interpellations à 13H00 sur l'ensemble du territoire, résultant essentiellement des "contrôles de flux", et de "saisies de matériel". Environ 35.000 manifestants ont été comptabilisés à la mi-journée, contre 60.000 le 17 octobre, a-t-il précisé.

- Tensions à Lyon -

De premières tensions ont néanmoins été constatées, notamment à Lyon où aucune manifestation n'a été autorisée. En début de journée; un rassemblement de quelque 150 personnes, dans un périmètre interdit par la préfecture, a été dispersé par les forces de l'ordre avec des tirs de grenades lacrymogènes. A la mi-journée, il en a été de même pour un autre regroupement d'environ un millier de personnes, en dehors du périmètre interdit cette fois.

Après de multiples recours à travers la France, plusieurs cortèges initialement interdits ont finalement été validés par la justice administrative. Mais des interdictions de manifester restent en vigueur dans des villes comme Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre ou Toulon.

Militaires de la force Sentinelle, unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid ou le GIGN, hélicoptères et blindés sont déployés. Dans la capitale, des véhicules blindés Centaure se situent à proximité de l'Assemblée nationale et de l'Elysée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les gilets jaunes avaient prévu plus de 700 mobilisations en France, dont 500 manifestations. Les revendications sont diverses mais convergent autour du pouvoir d'achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale.

Le week-end dernier, 550.000 personnes avaient défilé dans le pays, selon les autorités, 800.000 selon les organisateurs.

- Rassemblement à Orléans -

Depuis, des restrictions se sont multipliées au fil de la semaine dans de grandes villes avec notamment des couvre-feux nocturnes et interdictions de manifestation.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a affirmé vendredi soir que "le niveau de menace rest(ait) élevé", ciblant particulièrement "l'ultragauche" et "la délinquance".

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a réclamé l'envoi en France d'une mission d'observation sous l'égide des Nations unies, jugeant le maintien de l'ordre de ces dernières semaines "particulièrement chaotique et incohérent".

Autre point sensible du week-end : Orléans, où le congrès du Rassemblement national qui réunissait plusieurs milliers de sympathisants, à six mois de l'élection présidentielle.

Sur place, au moins 13.000 personnes selon la préfecture, 26.000 selon les organisateurs, ont participé dans le calme à une manifestation contre "le racisme, le fascisme et l'impérialisme", à l'appel d'une cinquantaine d'organisations.

C.Ricci--GdR