Albanie: le Premier ministre accuse "des mains étrangères" d'attiser les violences
Le Premier ministre albanais Edi Rama a lancé un appel au calme vendredi, accusant des "mains étrangères" d'être à l'origine de plusieurs jours de troubles tandis que des manifestants se rassemblaient de nouveau dans la capitale et d'autres villes.
De violentes manifestations secouent Tirana depuis mardi, des milliers de protestataires réclamant la démission de M. Rama en raison du mauvais état des universités et du niveau élevé des frais de scolarité.
Les manifestations se sont étendues à plusieurs autres villes, les étudiants rejoignant les boycotts universitaires. Cela marque une escalade significative dans les protestations antigouvernementales qui durent depuis plusieurs mois.
Des affrontements nocturnes entre la police et des groupes de manifestants, pour la plupart masqués, se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. L'entrée du ministère des Finances a été incendiée et les vitres d'un complexe universitaire ont été brisées.
Cent-soixante manifestants ont été arrêtés pour avoir commis des actes de violence jeudi soir, a indiqué la police dans un communiqué.
Les manifestants ont entassé et incendié des poubelles pour bloquer les rues et ont jeté des pierres sur la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour les disperser. Un journaliste de l'AFP a également vu des groupes masqués briser des vitrines et piller des magasins.
Vendredi matin, des journalistes de l'AFP ont vu des centaines de manifestants se diriger vers le ministère de l'Éducation, qui reste l'épicentre des manifestations.
En milieu de matinée, la capitale semblait plus calme que les jours précédents.
L'escalade de cette semaine intervient après des mois de manifestations dans ce pays des Balkans, déclenchées à l'origine par un projet controversé de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump.
Le Premier ministre albanais a affirmé vendredi que la protestation n'a "absolument rien à voir avec les difficultés, les problèmes ou les aspirations légitimes de toute personne désirant une vie meilleure".
"Tout cela est l'œuvre de la même main, la main qui a saisi l'opposition albanaise à la gorge, la main qui a brûlé et détruit l'Albanie plus d'une fois", a-t-il dit.
Il a accusé des "mains étrangères", sans précisions, d'attiser les troubles et de vouloir entraver la candidature de son pays à l'adhésion à l'Union européenne.
"Ce sont des mains étrangères qui ne souhaitent pas que l'Albanie soit en paix", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
Des dizaines de personnes, en grande partie des policiers, ont été blessées dans les affrontements depuis mardi, selon les autorités.
S.Bruno--GdR