Giornale Roma - La cause du décès de Lyhanna encore inconnue après l'autopsie

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La cause du décès de Lyhanna encore inconnue après l'autopsie
La cause du décès de Lyhanna encore inconnue après l'autopsie / Photo: Ed JONES - AFP/Archives

La cause du décès de Lyhanna encore inconnue après l'autopsie

L'autopsie du corps de Lyhanna n'a pas permis de déterminer "avec certitude", selon le parquet d'Agen, la cause du décès de la fillette de 11 ans, violée et retrouvée morte début juin, dans une affaire dont les apparents ratés judiciaires ont provoqué une forte émotion dans le pays.

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Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin, plusieurs jours après sa disparition. Le principal suspect, Jérôme Barella, n'avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur d'autres mineurs.

"A l'issue des examens réalisés, la cause du décès ne peut pas être déterminée avec certitude", ont écrit les trois médecins légistes ayant conduit l'autopsie dans leur rapport, cité par le procureur de la République d'Agen Olivier Naboulet dans un communiqué diffusé mercredi soir.

- Lésions d'entrave -

Les examens, effectués après que la dépouille de Lyhanna a été transportée par hélicoptère jusqu'à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Pontoise (Val-d'Oise), ont permis de constater l'absence de lésions "traumatique cervicale visible" ou "traumatique interne permettant d'expliquer le décès", a poursuivi M. Naboulet.

Le rapport légiste fait en revanche état de marques aux membres inférieurs et supérieurs "hautement évocatrices de lésions d'entrave" -même si le corps n'était pas ligoté au moment de sa découverte-, et de "contusions aux commissures et face interne de la bouche".

"Les constatations du rapport d'autopsie, combinées avec les analyses biologiques précédentes amènent à conclure à la commission d'un viol sur la victime", ajoute le procureur d'Agen.

Après réception lundi du rapport, Olivier Naboulet a élargi mercredi les poursuites contre Jérôme Barella aux chefs de "meurtre sur mineure de quinze ans, précédé ou accompagné d'un viol" et "viol sur mineure de quinze ans par violence, contrainte, menace ou surprise", des chefs pour lesquels la réclusion criminelle à perpétuité est encourue, précise le communiqué.

Cet intérimaire de 41 ans, père de deux filles âgées de sept et 11 ans, n'était jusqu'à présent poursuivi que pour "enlèvement et séquestration".

Il avait fait l'objet de plusieurs signalements et plaintes remontant pour les plus anciens à 2017.

- Nouveaux examens en cours -

"Des examens complémentaires en anatomopathologie sont nécessaires, de même qu'une analyse toxicologique", note le procureur, qui indique que ces analyses sont en cours mais que "les processus scientifiques mis en oeuvre sont nécessairement longs".

Les magistrats du parquet, en particulier de celui d'Auch où l'affaire était traitée, ont été sous le feu des critiques depuis que des ratés dans la procédure ont semblé émerger.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a aussi été décrié, notamment par ses adversaires politiques.

La députée LFI Mathilde Panot l'a ainsi appelé à quitter ses fonctions, l'accusant d'avoir enclenché une "clochardisation de la justice" en réduisant ses moyens "année après année", tandis que la présidente du RN Marine Le Pen a estimé qu'il "aurait dû présenter sa démission".

"Les investigations doivent continuer dans de bonnes conditions", ont quant à eux déclaré les parents de Lyhanna après avoir pris connaissance du rapport d'autopsie, selon un communiqué de leur avocat, mercredi.

"Ils demandent que toute récupération politique cesse" et appellent "au respect de l'image" de leur fille, regrettant notamment son utilisation "par l'intelligence artificielle", a ajouté Me François Roujou de Boubée.

Signe de l'écho considérable de l'affaire Lyhanna, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi que la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles serait examiné à l'Assemblée nationale à l'automne.

M.Pellegrini--GdR