

Trail: Tom Evans en passe de gagner un UTMB dantesque
La victoire était samedi midi à portée de bâton pour le Britannique Tom Evans au terme d'un Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) couru dans des conditions dantesques, qui ont poussé l'organisation à écourter le parcours de plusieurs kilomètres.
Les conditions difficiles dans la nuit, avec beaucoup de vent et des températures ressenties allant jusqu'à -7°C en altitude, ont poussé les organisateurs à supprimer purement et simplement une partie du parcours, un peu avant le lac Combal.
Figurant parmi les favoris, le coureur français François D'Haene a abandonné au beau milieu de la nuit après 7 h 35 de course, à l'arrivée de cette zone au coeur de la vallée d'Aoste.
"Une douleur à la jambe droite apparue ces derniers jours avait contraint François à se présenter diminué sur la ligne de départ vendredi soir (...) les douleurs à l'effort étaient trop fortes pour aller au bout", a indiqué l'équipe du Savoyard, qui visait une cinquième victoire record sur le l'UTMB, dans un message sur son compte Instagram.
Selon les dernières estimations, la modification du parcours décidée par les organisateurs devrait permettre aux coureurs de gagner entre 45 minutes et une heure quinze à l'arrivée à Chamonix.
À l'approche de La Flégère, à 12h00, dernière marque de passage du parcours, Evans comptait près de 30 minutes d'avance sur l'Américain Ben Dhiman et son compatriote Josh Wade, alors qu'il restait une quinzaine de kilomètres à parcourir.
"Ce n'est pas une surprise, il faisait partie de la shortlist des favoris", a expliqué à l'AFP Julien Chorier, directeur des sports de l'UTMB.
À Vallorcine, des milliers de passionnés étaient déjà de retour après les festivités de la veille, réunis pour l'accueillir avec ferveur, à grand renfort de cloches, de costumes et de fumigènes.
Troisième en 2022, Evans est resté inséré dans le groupe de tête tout le début de course, avant d'accélérer dans le Grand Col Ferret, l'une des difficultés majeures de ce parcours périlleux autour du Mont-Blanc et à travers la France, la Suisse et l'Italie.
"Son avance lui permet maintenant d'absorber les petits moments de doute", a estimé Julien Chorier.
Chez les femmes, la grande favorite américaine Courtney Dauwalter, triple lauréate à Chamonix, a été prise de vitesse au petit matin par la Néo-Zélandaise Ruth Croft, qui filait désormais vers la victoire, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée.
"On voit souvent Courtney dominer, mais cette année elle n'a pas pu gérer comme elle en a l'habitude. Elle a eu deux challengers qui ne l'ont jamais lâchée", a détaillé Julien Chorier.
— Chutes à gogo —
La Française Camille Bruyas a passé la soirée aux côtés des deux autres leaders du classement féminin. Elle pointait en 2e position à midi, à une quinzaine de minutes de Croft.
Partis la veille de Chamonix, les 2 300 coureurs ont subi des averses quasiment toute la soirée, les forçant à évoluer dans la boue et le froid.
"On revient de l'enfer", a raconté à l'AFP au petit matin Loïc Muller, 34 ans, qui participait pour la première fois à l'épreuve reine des courses en montagne. "Le col du Bonhomme, c'était pluie, neige, pluie, boue, on est tous tombés au moins une fois", a-t-il ajouté depuis le point de ravitaillement du lac Combal, à 70 km du départ.
Venu d'Orange, il pouvait enfin éteindre sa lampe frontale et ôter sa cape de pluie avant de se diriger vers Courmayeur.
"C'est quand même dur. Dans les montées, il y avait de la boue sur les godasses, ce qui rajoutait du poids ; dans les descentes, des chutes à gogo", se remémore Thibault Noailles, lancé autour du Mont-Blanc avec son meilleur ami et désormais un pantalon un peu déchiré.
Les plus rapides sont attendus vers 13h00 à Chamonix. Pour les autres, qui doivent impérativement terminer avant 16h30 dimanche, la météo devrait être plus clémente désormais.
G.Brambilla--GdR