Giornale Roma - Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré

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Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré / Photo: Pablo PORCIUNCULA - AFP

Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré

À la veille du premier tour d'une élection qui s'annonce serrée, le président brésilien de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne samedi avec des bains de foule pour galvaniser leurs troupes.

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Luiz Inacio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat non consécutif à bientôt 81 ans, a choisi la mégalopole Sao Paulo (sud-est) pour aller au contact de ses électeurs.

"Ce dernier combat de Lula, c'est comme si c'était le mien", dit à l'AFP Jair Monteiro, 60 ans, en attendant l'arrivée du président dans la plus grande ville d'Amérique latine.

C'était déjà à Sao Paulo qu'il avait terminé sa campagne il y a quatre ans, quand il avait battu de peu au second tour son prédécesseur d'extrême droite Jair Bolsonaro, le père de son principal rival de cette année.

Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, participe pour sa part à un cortège de motards à environ 400 km de là.

Il espère surfer sur la vague conservatrice qui déferle sur l'Amérique latine ces dernières années, après l'Argentine ou encore la Colombie. L'élection est suivie "de très près" par le président américain Donald Trump.

"Il nous faut un changement immédiat", dit un de ses partisans, Marcelo Peressim, commerçant de 50 ans.

Les deux principaux candidats sont au coude à coude dans les derniers sondages, indiquant qu'un second tour devrait être nécessaire pour les départager le 25 octobre.

- "Make Lula president again" -

À Sao Paulo, dans la foule de sympathisants de Lula vêtus de rouge, la couleur de son Parti des travailleurs, certains portent des casquettes ou des T-shirts où l'on peut lire "Make Lula president again". Un clin d'oeil au slogan de Donald Trump "Make America great again".

"Trump veut faire du Brésil son arrière-cour et il faut l'en empêcher à tout prix. C'est pour ça que cette élection est importante", dit Adriana Lima, enseignante de 44 ans.

Lula a brandi l'étendard de la souveraineté pendant la campagne et accusé le gouvernement Trump de vouloir s'emparer des richesses du Brésil, comme les terres rares.

"Le Brésil a besoin de quelqu'un qui défend les couleurs de notre drapeau, pas de quelqu'un qui veut le livrer aux États-Unis ", déclare Tiago Lorureto, comptable de 35 ans.

Donald Trump n'a pas soutenu ouvertement Flavio Bolsonaro, mais il l'a reçu à la Maison Blanche en mai.

Le président américain est allié de Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence après avoir été condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d'État.

- "Trump doit intervenir" -

"Trump doit intervenir. (...) Aujourd'hui, nous ne vivons pas en démocratie. Nous, les gens simples, n'arrivons pas à avoir une vie digne", dit Eliane Boscolo, femme au foyer de 47 ans, qui porte un T-shirt avec le message "Dieu, famille, patrie".

Elle a rejoint un parc de la localité de Santa Barbara d'Oeste, où des files de motos et de 4x4 se sont formées pour le cortège baptisé "caravane de la victoire". Conduite par Flavio Bolsonaro, la manifestation doit parcourir une vingtaine de kilomètres, jusqu'à la ville voisine d'Americana.

Lula et le fils Bolsonaro se sont lancés des attaques sans répit pendant la campagne. Mais il n'y a eu aucune confrontation directe entre les deux lors de débats télévisés.

Flavio Bolsonaro cherche à capitaliser sur le mécontentement à l'égard du gouvernement après quatre années durant lesquelles la droite a reproché à la gauche la hausse du coût de la vie et l'insécurité.

Bien plus que le débat d'idées, la campagne a surtout tourné autour de scandales en tous genres, qui ont éclaboussé y compris le sénateur conservateur, lui-même visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent.

À la veille du premier tour, certains ont encore du mal à se décider, comme Patrícia Catherine de Sousa, 35 ans, habitante de Rio de Janeiro : "Ce débat politique, pour moi, c'est une perte de temps. Mais comme c'est déjà demain, je fais des recherches pour pouvoir bien voter, pour ne pas le regretter après."

S.Grassi--GdR