Giornale Roma - Gazole : Macron appelle le G7 à agir de manière concertée, sans restriction des exportations

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Gazole : Macron appelle le G7 à agir de manière concertée, sans restriction des exportations
Gazole : Macron appelle le G7 à agir de manière concertée, sans restriction des exportations / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP

Gazole : Macron appelle le G7 à agir de manière concertée, sans restriction des exportations

Emmanuel Macron a appelé vendredi les pays du G7 à "agir de manière concertée" pour faire baisser les prix des carburants et "sans restriction aux exportations", en réponse à la pression mise par Washington pour que l'Europe puise dans ses réserves stratégiques de gazole.

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Le président français a échangé dans la nuit avec Donald Trump sur le sujet.

Et à Bruxelles, une réunion a démarré vendredi matin entre la Commission européenne et des experts des Vingt-Sept pays membres de l'UE, pour tenter de coordonner les positions des Européens, face à ce nouvel épisode de tension avec l'administration Trump.

D'après des informations de presse, le gouvernement américain demande notamment à la France et l'Allemagne de puiser dans leurs stocks d'urgence de gazole pour soulager le marché mondial, et menacerait même d'interdire l'exportation de gazole américain vers l'Union européenne en cas de refus.

Durant son échange téléphonique avec Donald Trump, Emmanuel Macron "a souligné que les pays du G7 avaient un intérêt commun à agir de manière concertée, sans restriction aux exportations", a indiqué la présidence française.

Le chef de l'Etat français, qui s'est aussi entretenu avec le Premier ministre canadien Mark Carney, "entend réunir dans les meilleurs délais une visioconférence des dirigeants du G7 pour assurer la coordination des mesures à prendre", selon l'Élysée.

Washington accuse l'Europe de ne pas en faire assez.

En mars dernier, les États membres de l'Agence internationale de l'énergie, dont ceux de l'UE, avaient promis de libérer progressivement 400 millions de barils de pétrole, prélevés dans leurs stocks stratégiques, mais tous n'ont pas encore été mis sur le marché.

"Nos partenaires européens devraient accélérer la mise en œuvre de leurs engagements existants et mettre immédiatement à disposition des volumes supplémentaires afin de remédier aux perturbations actuelles", a écrit sur X le ministre américain des Finances Scott Bessent.

- Prix record-

Son collègue de l'Énergie, Chris Wright, a estimé auprès de Fox News que "l'Europe peut elle aussi contribuer à améliorer la situation". "Il est temps de procéder à une mise sur le marché coordonnée des stocks de diesel" à l'approche de l'hiver, a-t-il ajouté.

Le ton est plus pressant que celui employé par Donald Trump. Lors d'un déplacement au Texas, le président américain a dit jeudi qu'il "pourrait" demander aux Européens de puiser dans leurs réserves de gazole.

La coupure des approvisionnements américains serait une catastrophe pour l'Union européenne, car 50 % du gazole importé par les Vingt-Sept proviennent des Etats-Unis.

Barrer la route aux livraisons de ce carburant utilisé dans le transport et l'agriculture serait une "mauvaise surprise", avait réagi jeudi le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic.

Présent sur le sol américain dans le cadre du G20 Commerce, il a prévenu des "conséquences très lourdes" pour l'économie européenne qu'aurait une telle interdiction, sans toutefois confirmer que Washington a bien formulé cette menace.

Les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran pénalisent grandement la production de gazole, bien que les raffineries situées ailleurs dans le monde tournent à plein régime pour transformer le pétrole brut en carburant.

L'inflation dans la zone euro a grimpé en septembre à un nouveau sommet depuis trois ans (à 3,8%), en raison de la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient.

Dans l'Union européenne, le prix à la pompe du gazole vient d'atteindre un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre, selon une compilation des données nationales publiées jeudi par la Commission européenne.

Aux Etats-Unis, le gazole a atteint fin septembre le niveau record de 6,53 dollars le gallon (3,78 litres), d'après l'association automobile américaine.

"Les agriculteurs, les transporteurs routiers et les entreprises américains ne devraient pas avoir à supporter seuls le poids d'une pénurie mondiale de diesel", a jugé jeudi Scott Bessent.

Mardi, la Commission européenne avait déjà fait un geste en direction des géants des hydrocarbures et de Washington, en proposant de reporter d'un an sa loi contre les émissions de méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.

Ce texte était combattu par les États-Unis et son probable report suscite l'indignation des organisations environnementales.

C.Battaglia--GdR