Grève dans la fonction publique: plus de 170 manifestions attendues mardi
Une journée de grève pour peser sur le budget: les agents publics, dont les pompiers, manifestent mardi partout en France à l'appel d'une large intersyndicale, avec l'ambition de mettre la pression sur le gouvernement, à deux jours de la présentation du projet de budget pour 2027.
Echaudées par un nouveau gel du point d'indice annoncé début septembre par le Premier ministre, la CGT, FO, la CFDT, UNSA, la FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP organisent plus de 170 manifestations à travers le pays pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.
Les cortèges d'Arras (Pas-de-Calais) et de Marseille (Bouches-du-Rhône) seront parmi les premiers à s'élancer mardi, dans la matinée, tandis que le cortège parisien devrait s'ébranler à partir de 14 heures.
Les syndicats espèrent réunir le plus de fonctionnaires possible, afin de peser sur les arbitrages du gouvernement pour le prochain budget, dont la présentation est prévue jeudi, mais aussi pour "lancer un message aux candidats à la présidentielle" à l'aube de la campagne électorale, propice au "fonctionnaire bashing", indiquait jeudi Laure Revel (CFDT).
- Entre 5.000 et 10.000 pompiers -
Après un été marqué par des incendies historiques durant lesquels les pompiers ont été rudement mis à l'épreuve, ces derniers ont décidé de se rassembler dans la capitale pour se joindre au reste des fonctionnaires.
Attendus au nombre de 5.000 à 10.000 par les autorités, ils défileront dans un premier temps dans leur propre cortège, entre la place d'Italie et la Bastille, avant de rejoindre le reste des manifestants, qui partiront, eux, de la place de la République, pour se diriger ensuite jusqu'à la place de la Nation.
Dans l'autre cortège, qui réunira le reste des agents publics, les syndicats de la fonction publique auront pour mantra le "pouvoir d'achat" des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années.
La CGT a promis une "journée noire" dans la fonction publique, et les autorités s'attendent à voir défiler entre 20.000 et 40.000 personnes, hors pompiers. Le premier syndicat des enseignants des écoles primaires s'attend à 40% de grévistes chez les professeurs des écoles, a indiqué le Snuipp-FSU lundi à l'AFP.
De leur côté, les transports sur les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève.
"On ne peut pas avoir des services publics de qualité s'il n'y a pas de conditions de travail de qualité: c'est reconnaître le travail qui est accompli", a fait valoir la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon lundi sur France 2.
La syndicaliste déplore "des responsables politiques aujourd'hui qui ne parlent de nous qu'en termes de lignes, de tableurs Excel, de budget".
Depuis 2017, les agents publics n'ont vu leur point d'indice revalorisé qu'en 2022 (3,5%) et 2023 (1,5%), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5%. Entre-temps, selon l'Insee, l'inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17% à la fin 2026.
Parallèlement aux manifestations de la fonction publique, la journée de mardi devrait être marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement parti la semaine dernière d'établissements de banlieue parisienne.
Depuis une semaine, des lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour protester, notamment contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs, des rassemblements qui ont parfois dégénéré avec des dégradations ou des tirs de mortier.
Lundi, le mouvement s'est étendu à d'autres régions, et il devrait constituer, avec le cortège des pompiers, l'un des principaux points d'attention des autorités mardi.
L.Moretti--GdR