L'Iran multiplie les frappes, l'AIE veut débloquer les réserves de pétrole
L'Iran a revendiqué mercredi une offensive de grande ampleur et ciblé un champ pétrolier en Arabie saoudite, au moment où l'Agence internationale de l'énergie (AIE) envisage un recours sans précédent aux réserves stratégiques face à la flambée des cours du brut.
Les dirigeants du G7 doivent se réunir par visioconférence mercredi sur l'impact économique du conflit, qui affole les prix du pétrole et menace d'asphyxier l'économie mondiale.
Le déblocage par les grands pays d'un volume sans précédent de leurs réserves, supérieur à celui consenti lors de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, devrait être acté dans la journée, selon le Wall Street Journal.
Depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, l'Iran riposte bloquant de facto le détroit d'Ormuz et en ciblant les infrastructures énergétiques.
Une attaque de drone iranienne a ainsi provoqué mardi la fermeture de la raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde.
Alors que les prix à la pompe flambent, le président américain Donald Trump a menacé l'Iran de "conséquences militaires (...) sans précédent" s'il minait le détroit d'Ormuz, par où transite normalement 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
L'Iran n'a toutefois donné aucun signe d'inflexion: durant la nuit, son armée idéologique, les Gardiens de la révolution, a revendiqué la vague de frappes "la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre" à travers la région.
L'Arabie saoudite a notamment indiqué avoir neutralisé plusieurs drones visant le champ pétrolier géant de Shaybah, à la frontière des Emirats arabes unis, ainsi que des missiles ciblant la base aérienne Prince Sultan qui abrite des militaires américains près de Ryad.
Après plusieurs jours de flambée - jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi - les cours du pétrole restent élevés, autour de 88 dollars pour le Brent.
C'est dans ce contexte que le président français Emmanuel Macron tiendra mercredi à 14H00 GMT, en visioconférence, une réunion des chefs d'Etat et du gouvernement du G7 sur "les conséquences économiques" de la guerre en Iran, notamment la "situation énergétique" et les "mesures pour les atténuer".
- Nouvelles frappes au Liban -
Engagé dans le conflit depuis le 28 février au côté de Washington, Israël a essuyé de nouveaux tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi. La chaîne israélienne Channel 12 fait état de plusieurs blessés dans des frappes près de Tel Aviv.
Israël a lui-même continué à frapper l'Iran et la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
Selon le gouvernement libanais, "près de 760.000 déplacés" ont été enregistrés depuis le 2 mars, début des combats entre Hezbollah et Israël.
A Téhéran, certaines déflagrations ont fait vibrer les vitres de l'appartement d'un journaliste de l'AFP habitant le nord de la ville.
Interrogée par l'AFP, une habitante de la capitale se rassurait un peu plus tôt en pensant que les bombardements "ne visent pas les immeubles ordinaires", mais plutôt "les commissariats, les mosquées, les sites militaires". "Mais imaginez: un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C'est ce que beaucoup de gens ont vécu", a-t-elle décrit.
L'Iran refuse toutefois de se soumettre, multipliant les salves de missiles et de drones vers Israël et des pays voisins du Golfe, grands producteurs d'hydrocarbures et abritant pour certains des bases américaines.
Les Gardiens de la révolution ont encore affirmé mercredi avoir lancé des missiles sur la base américaine d'Arifjan au Koweït.
"L'agresseur doit être puni et recevoir une leçon qui le dissuadera d'attaquer l'Iran à nouveau", a prévenu mardi le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Les autorités à Téhéran ont désigné dimanche comme guide suprême l'ayatollah Mojtaba Khamenei, après la mort de son père dans des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre.
Mais l'héritier n'a toujours pas été vu. Sans donner de précisions, la télévision d'État a mentionné qu'il avait été "blessé" au cours du conflit.
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G.Fontana--GdR