Giornale Roma - La canicule est de retour, jusqu'à 42°C dans le Sud-Ouest

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La canicule est de retour, jusqu'à 42°C dans le Sud-Ouest
La canicule est de retour, jusqu'à 42°C dans le Sud-Ouest / Photo: Martin LELIEVRE - AFP/Archives

La canicule est de retour, jusqu'à 42°C dans le Sud-Ouest

Nouveau coup de chaud dans l'Hexagone après dix jours de répit: les fortes chaleurs reviennent mercredi par le Sud-Ouest toujours en proie à un incendie massif avec des pics jusqu'à 42°C attendus, et s'installent dans le centre-est du pays.

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"C'est de la folie, on va droit dans le mur", s'alarme Renaud Lemaire, 47 ans, agent de sécurité au chômage, le front perlé de sueur et qui a enfilé ses sandales pour sortir faire quelques courses à Lyon, où le soleil au zénith punit les piétons à l'heure de midi. "Dès qu'on sort dans la rue, ça nous tombe dessus".

"Je peux vous dire que j'en ai connu des canicules, mais c'était jamais aussi long et aussi chaud", témoigne ce Belge installé dans la capitale des Gaules depuis six ans.

Depuis midi, seize départements sont en vigilance orange canicule. "Les plus fortes chaleurs concernent la région toulousaine jusqu'au Poitou en passant par la Nouvelle Aquitaine avec 40 à 42 °C au plus chaud de l'après-midi", précise Météo-France, qui attend aussi le thermomètre à 40°C "vers le Lyonnais".

La nuit qui suivra "sera chaude, avec de 20°C à 25°C dans les départements en vigilance orange".

Il s'agit du quatrième épisode caniculaire de l'année 2026 en France. Le précédent, troisième plus long jamais mesuré dans le pays et qui avait débuté le 4 juillet, s'est terminé il y a une dizaine de jours, le 19 juillet. Leur fréquence croissante est un marqueur sans équivoque du changement climatique.

La récurrence de "longues périodes de temps calme, ensoleillé et chaud" s'explique par la succession de situations anticycloniques à l'Ouest de l'Europe depuis le mois de mai, précise Météo-France.

Certains retombent dans les habitudes prises précédemment. "On se lève plus tôt, on va courir plus tôt", dit Edith, 54 ans, juste après un jogging matinal dans le parc de la Tête de l'Or de Lyon.

- Lassitude -

Mais pour d'autres flâneurs venus chercher l'ombre de la végétation, la lassitude se fait sentir. "Je pensais que les jours d'été, les vacances, c'était pour sortir, circuler librement, c'est râpé", confie Myriam Benammar, une professeure de musique de 60 ans avec des problèmes de santé.

Les épisodes de chaleur font craindre pour la santé des plus vulnérables. Un bond de la mortalité, qu'on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur, a été constaté par Santé publique France après l'épisode de juin, selon des données provisoires faisant état de 5.764 décès excédentaires enregistrés.

La professeure voit aussi la santé mentale d'amis se dégrader. La vision des incendies à Fontainebleau et dans le sud-ouest, dans des endroits qu'elle a fréquentés, l'ont personnellement affectée.

Le retour d'une forte chaleur et le vent marin participent à attiser le mégafeu en cours en Gironde mercredi, où 42.000 hectares sont partis en fumée et 220.000 personnes ont été évacuées.

Certains habitants ont tout de même été autorisés à rentrer chez eux à la faveur d'une deuxième nuit plus calme.

Jeudi les températures devraient baisser "nettement" par l'ouest, selon Météo-France, mais la chaleur devrait persister "sur une large partie est de la France". Le prévisionniste ne s'avance pour l'instant pas sur la durée de l'épisode de chaleur.

Dans ce contexte, la lassitude peut laisser place à la colère chez certains. "On avait largement le temps de faire quelque chose, on l'a gaspillé", lance ainsi Olivier Fronteau, un sexagénaire également croisé au Parc de la Tête d'Or. Il perçoit une "colère latente vis-à-vis des politiques qui ont tous les éléments pour envisager les choses" mais "font toujours le même cinéma de communication", à l'image de la polémique autour des commandes de Canadair.

L'épisode caniculaire de juillet, bien que particulièrement long, avait été moins intense que celui qui a assommé la France du 17 au 30 juin. La première canicule de l'année, précoce, avait frappé entre le 24 et le 28 mai.

Les canicules à répétition, propices à la baignade, ont aussi fait grimper les morts par noyades: 274 en deux mois et demi.

G.Pozzi--GdR