Giornale Roma - Récolte de miel 2026 : des abeilles déboussolées par la sécheresse

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Récolte de miel 2026 : des abeilles déboussolées par la sécheresse
Récolte de miel 2026 : des abeilles déboussolées par la sécheresse / Photo: Emmanuel DUNAND - AFP

Récolte de miel 2026 : des abeilles déboussolées par la sécheresse

Un début de saison en fanfare, avant que les vagues de chaleur ne brûlent les fleurs et dessèchent la végétation : comme beaucoup de récoltes en 2026, celle de miel est en forte baisse, avec des abeilles mises au chômage technique dès le début de l'été.

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"C'est de plus en plus capricieux et ça se joue chaque année en fonction du climat. On a des récoltes en dents de scie", relève auprès de l'AFP Henri Clément, apiculteur en Lozère et porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).

Cette organisation, qui représente les apiculteurs professionnels et amateurs, estime entre 18.000 et 20.000 tonnes la production française cette année, après 23 à 25.000 tonnes en 2025, qui était un niveau record depuis 20 ans, selon ses chiffres publiés en fin de semaine et établis à partir des remontées de ses adhérents et des négociants.

Une autre organisation, l'interprofession InterApi, évalue elle la récolte 2026 - pas encore terminée - à quelque 33.700 tonnes, 5.000 de moins qu'en 2025, un montant calculé à partir d'un sondage auprès de 986 apiculteurs.

Si les chiffres divergent entre les deux groupements, les diagnostics sont les mêmes.

Avec un hiver 2025-26 doux et humide, "les colonies d'abeilles ont repris leurs activités, parfois dès la mi-janvier, de manière précoce" et "la saison s'annonçait sous les meilleurs auspices avec une végétation qui avait bénéficié d'une excellente hydrométrie", souligne l'Unaf.

- Miel de printemps -

Mais "les périodes caniculaires", à partir de fin mai, "ont fortement pénalisé plusieurs miellées d'été", indique InterApi. "La répétition des aléas météo rend les récoltes difficiles à anticiper et fragilise les abeilles", souligne l'organisme.

En France, les récoltes de miel s'étendent de mars (romarin dans le Sud) jusqu'à novembre (arbousier en Corse) et le plus gros s'effectue d'avril à juillet.

Or cette année, "dès le début de juin, les abeilles n'ont pas pu travailler comme d'habitude à cause des vagues de chaleur", explique Henri Clément.

Le miel de printemps, colza et toutes fleurs, "a sauvé la saison de plusieurs apiculteurs", dit-il. Mais la lavande, le sapin, la bruyère d'été ont été "confidentiels".

Et le tournesol, qui représentait jusque dans les années 1990 plus de la moitié de la production, n'a quasiment rien donné cette année.

Le frelon asiatique, bête noire des apiculteurs, a certes lui aussi souffert de la chaleur, mais sa "pression reste importante dans la quasi-totalité des régions", note InterApi.

Ce prédateur d'insectes, en particulier d'abeilles domestiques, est arrivé en 2004 dans le sud-ouest de la France, probablement après l'importation de poteries de Chine. Il est aujourd'hui présent dans tout le pays.

- On consomme plus qu'on ne produit -

La France compte 2.000 apiculteurs qui ne vivent que de cette activité, autour de 4.000 professionnels "pluriactifs" et 65.000 producteurs "familiaux", qui distribuent les pots à leurs proches et représentent 40 % de la production nationale, selon l'Unaf. Un éparpillement qui rend difficile les estimations exactes de production.

Une chose est certaine : la production intérieure (dont seulement quelques tonnes partent à l'exportation) est inférieure à la consommation. La France importe notamment d'Asie, d'Ukraine, d'Argentine, de Turquie, etc.

Depuis juin, tous les pots de mélanges de miels vendus sur le territoire français doivent détailler chaque pays de récolte, conformément à une directive européenne qui vise à lutter contre les importations dans l'UE de miels frelatés via l'ajout de sucres.

La production de miel en France a été divisée par deux entre le milieu des années 1990, date d'introduction des néonicotinoïdes, et le milieu des années 2010, selon le CNRS. Ces pesticides ont été interdits en France pour l'usage agricole en 2018.

G.Vitali--GdR