Incendie en Grèce: la situation "s'améliore" à l'ouest d'Athènes
La situation de l'incendie dévastateur dans l'ouest d'Athènes s'"est nettement améliorée", selon les pompiers toujours mobilisés mardi, pour la cinquième journée consécutive, afin de maîtriser ce feu qui a affecté des milliers d'hectares de pinèdes, maquis et terres agricoles.
"La situation de l'incendie est nettement améliorée par rapport à ces derniers jours, mais il y a toujours de nombreux foyers dispersés, ce qui fait que les forces restent sur les lieux", a indiqué à l'AFP Vassilios Vathrakoyannis, chef du bureau de communication des pompiers.
Au total 12 avions bombardiers d'eau, 20 hélicoptères et 575 pompiers opèrent toujours à 60 km d'Athènes, près de la station balnéaire de Psatha, principal foyer actuel de l'incendie qui s'est déclenché vendredi dernier.
Outre l'ouest d'Athènes, une dizaine de feux ont été décomptés mardi à travers le pays et "ont été maîtrisés", a assuré Vassilios Vathrakoyannis lors d'un point de presse, diffusé en direct par la chaîne publique Ertnews.
Dans la station balnéaire de Porto Germeno, située à 65 km à l'ouest de la capitale et gravement touchée par les flammes ces derniers jours, la police a installé des cordons afin de contrôler les personnes souhaitant se rendre dans la zone, où l'évaluation des dégâts est en cours.
Une grande partie des terrains autrefois boisés autour de ce village, où de nombreux Athéniens possèdent des résidences de vacances, a été dévorée par l'incendie, et des dizaines de maisons sont réduites à l'état de décombres, a constaté un journaliste de l'AFP.
- Risque d'un nouveau départ de feu -
A la faveur d'une diminution lundi des fortes rafales de vent, les avions bombardiers d'eau ont pu entrer en action et aider à reprendre le contrôle d'une situation alarmante. Plus de 13.000 hectares sont affectés, selon un nouveau bilan de l'observatoire européen Copernicus, cité par les médias.
Le risque de départ de feu reste mardi "très élevé", classé niveau quatre sur une échelle de cinq, a prévenu la Protection civile, alors que des températures de 37°C, légèrement au-dessus de la normale, sont attendues d'ici mercredi.
Située dans le sud-est de la Méditerranée, région très touchée par le réchauffement climatique, la Grèce est en proie chaque année aux incendies de forêts.
Après les feux dévastateurs en Espagne et en France, les autorités grecques luttent depuis fin juillet contre une vague d'incendies qui ont tué cinq personnes, dont trois pompiers et les deux membres de l'équipage d'un hélicoptère qui luttait contre les flammes.
Entre le 28 juillet et le 2 août, plus de 230 incendies se sont ainsi déclarés à travers le pays, attisés par des vents très forts qui, dans certaines régions, ont dépassé les 120 km/h, ce qui a créé des conditions particulièrement difficiles pour les maîtriser.
La section grecque du Fonds mondial pour la Nature (WWF) a estimé que plus de 18.000 hectares au total ont été affectés jusqu'ici par ces feux, qui ont eu "pour point de départ le réseau électrique", ainsi que "des décharges" ou "des étincelles issues de machines agricoles".
- Etincelles -
La cause des incendies "est principalement la négligence humaine", a estimé Vassilios Vathrakoyannis sur Ertnews.
La police a procédé à une trentaine d'interpellations ces derniers jours, dont celles de deux maires et de deux responsables de l'installation du réseau électrique lié à un parc éolien dans la région du nord-ouest d'Athènes, où s'est déclenché vendredi le feu de forêt.
Selon des habitants, une étincelle sur un pylône électrique serait à l'origine de cet incendie, qui s'est rapidement propagé en raison des vents.
Selon le WWF, plus de 10.000 habitants et visiteurs ont été contraints d'abandonner leurs logements, suite aux évacuations ordonnées par les autorités.
Kimon Hatzibiros, professeur de la Politique environnementale à l'Ecole polytechnique d'Athènes, a rappelé que le feu à l'ouest de la capitale a touché une pinède qui avait déjà été affectée par des incendies les années précédentes, ce qui risque "d'empêcher la reproduction de la forêt".
Lors d'un entretien avec Ertnews, cet expert a déploré que les forêts "n'étaient plus surveillées ou nettoyées" de manière adéquate car le facteur humain n'est plus présent. La surveillance est assurée depuis ces dernières années par un dispositif de drones qui "n'est pas suffisant", selon lui.
A.Serra--GdR