Giornale Roma - Fonction publique: un assistant IA pour tous les agents de l'Etat

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Fonction publique: un assistant IA pour tous les agents de l'Etat
Fonction publique: un assistant IA pour tous les agents de l'Etat / Photo: Ludovic MARIN - AFP/Archives

Fonction publique: un assistant IA pour tous les agents de l'Etat

La fonction publique se convertit un peu plus à l'IA: le gouvernement va généraliser l'utilisation d'un agent conversationnel pour environ un million d'agents de l'Etat, après une phase d'expérimentation de plusieurs mois pour 10.000 d'entre eux.

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"C'est l'équivalent de ChatGPT mais en version souveraine, sécurisée, pour pouvoir faire de la recherche documentaire, de la synthèse, de l'analyse, des résumés", a détaillé mardi le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel sur France 2.

Cet outil destiné à assister les agents dans leurs tâches quotidiennes est notamment censé fluidifier la gestion de certaines procédures judiciaires, assister les enseignants-chercheurs dans le cadre de leurs appels à projets, tout en limitant le recours à des outils "clandestins", jugés plus risqués.

Environ un million d'agents de la fonction publique de l'Etat (sur 2,6 millions au total) vont désormais bénéficier de cet outil baptisé "l'Assistant" et alimenté par les modèles de la start-up d'intelligence artificielle Mistral, a indiqué le cabinet du ministre lors d'un briefing avec la presse.

Le coût de cette généralisation est estimé à 700.000 euros, incluant notamment l'accès aux modèles de Mistral, a précisé le cabinet.

David Amiel a prévu de le présenter mardi en fin de matinée, avec d'autres mesures, à l'occasion d'un événement consacré à l'intégration de l'IA dans les services de l'Etat organisé à Bercy, et réunissant professionnels et entreprises du secteur.

En parallèle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux un investissement de 655 millions d'euros supplémentaires dans le développement de l'IA afin que "cette révolution profite aux Français".

Ces investissements sont annoncés avant le salon parisien dédié aux nouvelles technologies VivaTech, alors que l'Europe tente de concilier développement de l'intelligence artificielle et protection des enjeux de souveraineté, et de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies extra-européennes.

- "Diplo IA" -

Le gouvernement va aussi généraliser aux agents de l'Etat dès juin un outil de traduction différé (une soixantaine de langue), "Diplo IA".

David Amiel doit également proposer une nouvelle expérimentation dans certaines maisons France Services afin de doter les téléconseillers d'un nouvel outil d'IA générative pour les aider à répondre aux questions des usagers.

Cela sonne comme une deuxième chance après l'échec d'Albert, un outil maison d'IA générative développé par les services de l'Etat, mais dont l'expérimentation dans 48 maisons France Services n'avait pas abouti, plusieurs syndicats pointant des dysfonctionnements dans les réponses.

Pour ce nouvel assistant, le ministre va lancer en fin de semaine "une négociation sociale avec les organisations syndicales pour qu'on travaille ensemble" sur l'utilisation de l'IA dans la fonction publique, a-t-il assuré sur France 2.

Selon son cabinet, le gouvernement espère parvenir à un accord d'ici l'automne.

Un accord-cadre a été transmis aux organisations syndicales représentatives qui servira de point de départ de cette négociation. Elles devront "garantir la prééminence de l'humain dans tout le processus", a prévenu Luc Farré, le secrétaire général de l'Unsa fonction publique, joint par l'AFP.

Il ne faut "pas de déploiement de l'IA sans penser la finalité" et "ne pas entraîner de suppressions de postes", a appuyé Roxane Sirven, de la CGT fonction publique.

Des formations à l'intelligence artificielle seraient mises en place dans les écoles du service public, comme à l'Inet pour les cadres territoriaux, ou à l'INSP (ex-ENA), d'après le cabinet du ministre.

- Technologie "réversible" -

Cette annonce intervient en pleine réorganisation du numérique de l'Etat dans un contexte de menace sur la sécurité des systèmes d'information.

Mi-mai, le gouvernement avait annoncé la création d'une autorité numérique de l'Etat, deux semaines après une importante attaque informatique visant l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Les données de près de 12 millions de particuliers et de professionnels étaient concernées, selon l'Intérieur.

Interrogé sur l'hypothèse d'un rachat de Mistral et d'un changement de pavillon, le cabinet de David Amiel a assuré que le recours à la technologie de l'entreprise dans le cadre de la généralisation de "l'Assistant" est "réversible".

"On travaille avec des entreprises qui respectent nos conditions, et si ces entreprises cessent de les respecter, on arrêtera de travailler avec elles", a précisé la même source.

A.Rossi--GdR