La Bourse de Paris prudente, entre Fed et débats budgétaires
La Bourse de Paris a fini à l'équilibre lundi, se montrant prudente devant les menaces judiciaires qui s'accumulent contre la Réserve fédérale américaine (Fed) aux Etats-Unis et au blocage des débats budgétaires en France, même si elle a atteint un nouveau record en séance.
Le CAC 40 est resté stable (-0,04%), perdant 3,33 points à 8.358,76 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant pour la première fois depuis l'automne ses derniers records en séance et en clôture.
Ce lundi, l'indice a atteint un nouveau sommet, à 8.378,76 points.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé dimanche dans un inhabituel message vidéo que l'institution monétaire, qui subit les coups de pression de Donald Trump depuis plusieurs mois pour adopter une politique monétaire plus souple, était visée par une procédure du ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales à son encontre.
"Si les pressions sur la Fed ne sont pas nouvelles, la situation actuelle est une nouvelle escalade", relève Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac, interrogé par l'AFP.
"L'une des craintes du marché est qu'une Fed motivée par des considérations politiques puisse s'écarter quelque peu de son mandat", explique à l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
La banque centrale américaine doit contenir l'inflation à long terme autour de 2%. Or, des baisses imposées par le pouvoir politique, dans une économie qui n'en aurait pas besoin, auraient justement un risque inflationniste.
"Quand l'indépendance d'institutions si anciennes est remise en cause, cela préoccupe légitimement", selon M. Thozet.
En France, les marchés gardent aussi un oeil sur le débat pour adopter un budget pour 2026, qui s'enlise.
Une nouvelle réunion entre le gouvernement et les groupes parlementaires du Parti socialiste, du camp présidentiel et de la droite a débuté lundi après-midi à Bercy pour avancer vers l'adoption d'un budget 2026, a indiqué le ministère de l'Économie.
Cette réunion est menée par la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à la veille de la reprise des débats de l'Assemblée nationale en séance publique sur le projet de loi de finances.
La place parisienne "souffre depuis plusieurs mois d'une prime de risque par rapport à ses homologues européens en raison de cette instabilité politique", relève Kevin Thozet.
Côté obligataire, le taux de rendement d'emprunt de la France à dix ans a baissé à 3,50%, contre 3,52% vendredi en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a suivi le même mouvement, à 2,83%, contre 2,86%.
Abivax bondit après des informations de rachat par Eli Lilly
La société française de biotechnologie Abivax a progressé jusqu'à plus de 30% lundi, avant de modérer sa hausse à 5,00% à 104,00 euros en fin de séance, après un article de la Lettre selon laquelle le groupe américain Eli Lilly serait prêt à l'acheter pour "15 milliards d'euros".
Mais cette information a été démentie dans l'après-midi par le ministère français de l'Economie qui a affirmé n'avoir reçu "aucune demande" d'autorisation préalable d'investissement étranger de la part du groupe pharmaceutique américain.
Saint Gobain recommandé, Capgemini boudé
L'industriel Saint Gobain a grimpé de 2,62% à 86,82 euros, après une recommandation positive de Bank of America. Au contraire, le fournisseur de logiciels Capgemini a chuté de 4,24%, plombé par l'abaissement de sa note par Morgan Stanley.
E.Rizzo--GdR