Les marchés financiers inquiets pour l'indépendance de la Fed, records des métaux précieux
La prudence règne sur les marchés financiers lundi: les menaces judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed) et son président pèsent sur les Bourses et le dollar, tandis que les métaux précieux battent de nouveaux records.
En Europe, Paris (-0,04%) et Milan (+0,03%) ont terminé à l'équilibre. Londres a grappillé 0,16%.
Seule la Bourse de Francfort s'est détachée, prenant 0,57%, portée par ses valeurs du secteur de la défense, sur fond d'incertitude géopolitique. L'indice vedette Dax a atteint un nouveau record en séance à 25.421,42 points et en clôture, à 25.405,34 points.
A New York, les Bourses évoluaient prudemment. Vers 16H50 GMT, le Dow Jones reculait de 0,10%, l'indice Nasdaq prenait 0,19% et l'indice élargi S&P 500 était stable (+0,03%).
Le président de la Fed Jerome Powell a annoncé dimanche dans un inhabituel message vidéo que l'institution, qui subit les coups de pression de Donald Trump depuis plusieurs mois pour adopter une politique monétaire plus souple, était visée par une procédure du ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales à son encontre.
"Si les pressions sur la Fed ne sont pas nouvelles, la situation actuelle constitue une nouvelle escalade", relève Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac, interrogé par l'AFP.
"L'une des craintes du marché est qu'une Fed motivée par des considérations politiques puisse s'écarter quelque peu de son mandat", explique à l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
La banque centrale américaine doit contenir l'inflation à long terme autour de 2%. Or, des baisses imposées par le pouvoir politique, dans une économie qui n'en aurait pas besoin, aurait justement un risque inflationniste.
Autre victime de ces évènements: "la fiabilité du dollar en tant que valeur refuge", explique Patrick Munelly, de Tickmill Partner. Le billet vert abandonnait 0,32% par rapport à la monnaie unique, à 1,1674 dollar pour un euro.
Records de l'or et de l'argent
Ces évolutions poussent les investisseurs "à se tourner vers les valeurs refuges traditionnelles" comme les métaux précieux, constate Fawad Razaqzada, de Forex.com.
Après avoir dépassé son plus haut historique dans la nuit, l'or a ainsi été propulsé lundi à un nouveau record, à plus de 4.627 dollars l'once. Vers 16H50 GMT, le métal jaune s'affichait en hausse de 2,41% par rapport à sa clôture de vendredi.
L'argent a aussi franchi un nouveau sommet lundi, à plus de 86 dollars l'once, et continuait dans la foulée de grimper, de 7,70%.
La défense européenne dans le vert
Le secteur de la défense est en forme dans "un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d'éventuelles frappes militaires américaines contre l'Iran", relève Neil Wilson.
Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté". L'Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s'empareraient du Groenland "d'une manière ou d'une autre" car "si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront".
A Francfort, Renk a pris 3,18%, Hensoldt 0,77% et Thyssenkrupp 4,23%. A la Bourse de Paris, Thales a pris 1,58% et Dassault Aviation 2,07%. A Londres, BAE Systems a gagné 1,95%.
La finance américaine dans le rouge
Le secteur de la finance est dans le rouge aux Etats-Unis, en raison de la volonté de Donald Trump de limiter à 10% les taux d'intérêts appliqués aux cartes de crédit.
La banque Capital One perdait 6,18%, Citigroup 3,54%, JPMorgan 1,94% et Bank of America 1,46%. Les groupes de cartes de crédit étaient aussi en recul à l'image de Visa (-1,24%), Mastercard (-1,84%) et American Express (-4,33%).
Heineken perd sa tête
Le brasseur néerlandais Heineken a annoncé lundi le départ surprise de son patron, Dolf van den Brink, alors que l'entreprise fait face à un recul de ses ventes dans un contexte économique morose.
Son titre a chuté de 4,14% à 67,18 euros à Amsterdam.
G.Lombardi--GdR