Giornale Roma - "La Gironde, c'est grand" : malgré les incendies, les professionnels du tourisme espèrent sauver la saison

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"La Gironde, c'est grand" : malgré les incendies, les professionnels du tourisme espèrent sauver la saison
"La Gironde, c'est grand" : malgré les incendies, les professionnels du tourisme espèrent sauver la saison / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP

"La Gironde, c'est grand" : malgré les incendies, les professionnels du tourisme espèrent sauver la saison

"La Gironde c'est grand, très grand" : à l'heure des évacuations massives et des annulations de réservations en raison des incendies, les professionnels du secteur du tourisme espèrent sauver le reste de la saison dans ce vaste département, où la forêt ne brûle pas partout.

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"J'incite les touristes à ne pas venir, ne pas rejoindre la Gironde", a déclaré dimanche la préfète du département Sophie Brocas, invitant aussi "les touristes présents à envisager une autre destination".

Quelque 220.000 personnes, dont des vacanciers, ont déjà été évacuées ces derniers jours de plusieurs localités girondines, en particulier des stations balnéaires très prisées en cette période estivale comme Lège-Cap-Ferret.

"C'est un coup de massue sur une grande partie du département essentiellement touristique, le tourisme est totalement arrêté, c'est fini pour la saison", estime Patrick Seguin, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Gironde.

Toutefois, "la Gironde c'est grand, très grand", rappelle à l'AFP le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) Gironde, Franck Chaumès. "Ça part d'un bon sentiment", la préfète a fait cette annonce "pour donner les axes routiers facilement accessibles aux pompiers et aux autorités" mais "on espère que cela soit rectifié" pour "essayer de sauver le mois d'août", ajoute-t-il.

Claire Bigat, qui habite à Lille et avait programmé deux semaines de vacances à Andernos, entre Biscarrosse et Lège-Cap-Ferret, "vu les circonstances", "ne souhaite pas y aller".

"L'accès semble incertain, on a vu les consignes des autorités et on ne veut pas encombrer les routes. De toute façon, notre fils est asthmatique, on ne peut pas être dans les fumées, et si c'est pour passer des vacances de désolation parce que tout a brûlé, ce n'est pas la peine", explique-t-elle à l'AFP.

- 100% de pertes à la presqu'île du Cap Ferret -

A la gare de Bordeaux, Francine Chauvirey, 76 ans, qui passait des vacances chez son fils, a anticipé son retour à Paris. "J'avais du mal à respirer à cause de la fumée donc on a changé mon billet de train", confie-t-elle à l'AFP, le visage protégé par un masque FFP2.

Vila, peintre de 32 ans, a lui aussi écourté son voyage à Bordeaux pour rentrer chez lui en Finlande, "à cause des incendies".

Le tourisme représente en Gironde 7% du PIB départemental, plus de 40.000 emplois et 3,2 milliards d’euros de retombées directes, selon le site du département.

"Sur la Presqu'île du Cap Ferret, on a 100% de pertes puisque tout le monde a été évacué", selon Franck Chaumès. Cela concerne "une centaine d'établissements : hôtels, bars, restaurants, discothèques" et "deux campings sur dix ont brûlé".

Dans les 22 autres communes évacuées, le commerce "est à l'arrêt" également. "Et il y a aussi les Landes", ajoute-t-il.

Près de 40.000 vacanciers, installés dans 45 campings de Gironde et des Landes ont été jusqu'à présent évacués, a indiqué dimanche à l'AFP le président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA) Nicolas Dayot.

Les zones évacuées ne sont pas les seules concernées par les départs de vacanciers. "Nous avons des annulations à l'autre bout de la Gironde : dans le Médoc, le Libournais qui est à 70 km du Cap Ferret... C'est une catastrophe", déplore Franck Chaumès, de l'Umih Gironde.

Un avis partagé par le coprésident de l'office de tourisme de Saint-Emilion, Jean-Daniel Debart, pour qui, "bien sûr il faut dégager les routes mais il faut amener des propos plus nuancés car toute la Gironde n'est pas affectée".

"A Saint-Emilion, on est à plus de 80 km des incendies, ce n'est pas le bassin d'Arcachon", dit-il à l'AFP. Il déplore compter déjà "des dizaines d'annulations" y compris pour le mois d’août et au-delà avec, par exemple, une "annulation d'un groupe qui devait venir en septembre", et des dizaines de demandes de remboursement.

On peut "faire de l'oenotourisme dans les vignobles", reconnaît Patrick Seguin de la CCI, "mais vu ce que les touristes français et étrangers voient en suivant les médias, ça ne donne pas envie de venir".

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P.Sartori--GdR