Giornale Roma - La justice se prononcera le 23 juin sur une remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier

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La justice se prononcera le 23 juin sur une remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier
La justice se prononcera le 23 juin sur une remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier / Photo: ARNAUD FINISTRE - AFP/Archives

La justice se prononcera le 23 juin sur une remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier

La justice a examiné mardi, plus d'un an avant son procès en appel à Lyon, une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné fin 2025 à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels dans des cliniques de Besançon.

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La chambre de l'instruction de la cour d'appel du Rhône rendra sa décision le 23 juin. Le procès en appel est prévu à partir de septembre 2027.

Interrogé en visio-conférence depuis sa prison de Besançon, Frédéric Péchier, amaigri, a de nouveau clamé son "innocence" et demandé de "pouvoir travailler" hors d'une cellule pour la prouver.

Celui que la cour d'assises du Doubs avait qualifié en première instance de "tueur en série" a déjà vu une précédente demande de remise en liberté rejetée à Besançon en février, rejet validé par la Cour de Cassation en mai.

Au terme d'un procès fleuve de trois mois et demi, Frédéric Péchier a été reconnu coupable, le 18 décembre 2025, d'avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné 30 patients de 4 à 89 ans - dont 12 sont morts - en polluant des poches de perfusion dans le but de nuire à des confrères avec qui il était en conflit.

Mardi, l'avocate générale a demandé à la cour de rejeter la remise en liberté au motif qu'il y aurait des "risques de pressions sur les témoins", de "troubles à l'ordre public", "de fuite" de l'accusé, voire de "représailles" de familles de victimes.

L'avocat d'une clinique où exerçait Péchier, Me Frédéric Douchez, et ses confrères pour les victimes, ont abondé dans le sens du ministère public.

Pour la défense de l'ex-anesthésiste, Me Emmanuelle Franck a fustigé des "motifs honteux" concernant notamment les risques de troubles et de représailles. Et l'avocate a plaidé pour que, l'appel ayant "anéanti le jugement de première instance", la "présomption d'innocence" prévale sur la "détention, qui doit rester "l'exception de l'exception de l'exception".

Des soupirs et murmures de protestation ont ponctué sa plaidoirie sur les bancs des familles de victimes.

Frédéric Péchier, aujourd'hui âgé de 54 ans, avait été qualifié de "tueur en série" par la cour d'assises de Besançon, qui avait assorti la perpétuité d'une période de sûreté de 22 ans.

Il avait comparu libre et était sous simple contrôle judiciaire durant les sept années de l'instruction.

Selon l'accusation, le praticien a pollué des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par des confrères. Son objectif: "atteindre psychologiquement" des soignants avec lesquels il était en conflit et "nourrir sa soif de puissance".

Il intervenait aussi parfois pour tenter de les réanimer et faire valoir ses compétences.

Après avoir réfuté ces thèses pendant l'instruction, Frédéric Péchier avait finalement admis, au cours du procès, qu'un empoisonneur avait bien sévi dans l'une des deux cliniques privées où il avait travaillé. Mais il avait constamment répété que ce n'était pas lui.

G.Brambilla--GdR